On se souvient souvent des histoires de Grand Theft Auto pour leur ton avant leur structure. Les gens se souviennent de la satire, des personnages secondaires bruyants, de la radio, des escalades absurdes, du commentaire social qui alterne entre l’acuité et la brutalité. Mais pour GTA 6, le style seul ne suffira pas. Plus que tout, l’histoire a besoin de discipline. Elle a besoin d’un sens clair de la ligne émotionnelle et thématique qu’elle veut suivre à travers un monde qui, sinon, tentera une distraction constante. GTA 6 profiterait d’un centre plus serré. Cela est particulièrement important dans un contexte où l’on s’attend à ce que la performance sociale, l’attention numérique, le fantasme de la richesse et l’opportunisme criminel moderne soient mis à contribution. Ce sont des thèmes riches, mais seulement si Rockstar ne les transforme pas en plaisanteries superficielles. L’histoire doit montrer comment l’ambition, la peur, la loyauté et l’invention de soi fonctionnent dans cet environnement. Ce n’est pas pour autant qu’il faut abandonner la série.
Le monde doit soutenir l’histoire, et non la concurrencer
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